En Guinée, vers une diminution des importateurs des produits pharmaceutiques

En Guinée, le syndicat des pharmaciens lutte pour faire bouger les choses ! Ils réclament une diminution du nombre d'importateurs des produits pharmaceutiques, afin de faciliter le contrôle et de limiter le trafic de faux médicaments, qui mets tous les Guinéens en danger.

Mamadou Oury Diallo
Rédigé le , mis à jour le
L'Afrique a besoin d'une industrie pharmaceutique
L'Afrique a besoin d'une industrie pharmaceutique

Les pharmaciens guinéens haussent le ton ! Alors que le syndicat de pharmaciens de Guinée avait brandi la menace d'une grève générale, le président Alpha Condé a demandé à son gouvernement de tout mettre en œuvre pour réduire le nombre d'importateurs de produits pharmaceutiques sur toute l'étendue du territoire national. Une nouvelle saluée par la présidente de l'ordre de pharmaciens de Guinée, la docteure Hawa Diakité.

Pour elle, cette réduction est une nécessité de santé publique : "Voir les médicaments manipulés par les non professionnels, cela nous révolte" déplore-t-elle. Et le trafic de médicaments est devenu un véritable danger. À cause de leur bas prix, ces faux médicaments  sont très utilisés par les populations, souvent inconscientes  des risques encourus. "Si vous voyez énormément des décès en Guinée, c'est parce qu'il y a beaucoup d'échecs thérapeutiques liés aux faux médicaments," explique le docteur Cellou Diallo, de l'Ordre national des pharmaciens de Guinée (ONPG).

Trafic et corruption

De son côté le ministre de la Santé, Rémy Lamah, s'est rendu à la brigade Medicrime, où les trois commandants de brigade ont pris l'engagement d'être à la hauteur de la mission qui leur est confiée. Une promesse qui reste ternie par des soupçons de corruption au sein de la brigade. Le ministre était accompagné par le docteur Manize Kolie, qui mène une lutte depuis plus de trente contre les faux médicaments en Guinée.

"La Guinée est entrain de tourner une page noire de son histoire. Je suis fier de la décision présidentielle," explique-t-il parce que selon lui elle est un véritable indicateur de progrès. "En 1958, la Guinée et la Côte d'Ivoire avaient le même nombre d'habitants," poursuit le Dr Kolie. "Aujourd'hui, la Côte d'Ivoire est à 25 millions alors que notre pays est à encore à 12 millions. Les 10 autres millions de la  Guinée sont au cimetière. Les gens marchent sur des cadavres pour se faire de l'argent. Ça c'est terminé", a-t-il rassuré. Espérons que cet avertissement décourage les trafiquants.