La Guinée peine à lutter contre le trafic de faux médicaments (Image d'illustration)
La Guinée peine à lutter contre le trafic de faux médicaments (Image d'illustration)

En Guinée, on lutte contre les faux médicaments

Faux médicaments, produits périmés... En Guinée, les autorités luttent tant bien que mal contre le trafic de produits impropres à la consommation.

Mamadou Oury Diallo
Rédigé le , mis à jour le

D'importantes quantités de faux médicaments ont été saisies la semaine dernière à Labé, la capitale de la Moyenne-Guinée, située à 400 km au nord de Conakry. C'est l'Office préfectoral de contrôle de qualité qui a réussi ce coup de filet, lors de différents ratissages menés au marché central de la ville.

Outre les faux médicaments, de nombreux autres produits alimentaires  et cosmétiques dont la date de péremption est dépassée ont été saisis. Selon Alpha Oumar Diallo, de l'Office préfectoral de contrôle de qualité, ce coup de filet réussi est un record dans cette partie du pays : la quantité saisie est estimée à plus de 3 tonnes ! 

Un marché guinéen inondé de faux médicaments

À cause de leur bas prix, ces faux médicaments  sont très utilisés par les populations, souvent inconscientes  des risques encourus. "Si vous voyez énormément des décès en Guinée, c'est parce qu'il ya beaucoup d'échecs thérapeutiques liés aux faux médicaments," explique le docteur Cellou Diallo, de l'Ordre national des pharmaciens de Guinée (ONPG).

Devant la pression des pharmaciens, le gouvernement a créé en 2018 une Brigade de répression des produits médicaux illicites (Medicrim). Mais dépourvue de moyens humains et matériels, cette brigade s'est heurtée dès sa création à des difficultés pour accomplir sa tâche correctement, face à des réseaux de plus en plus développés. 

Corruption à Medicrim

En décembre 2018, la brigade avait mis aux arrêts un camion chargé de plusieurs tonnes de faux médicaments, dont le contenu était alors estimé à 33 milliards de francs guinéens. La saisie de ce camion était la première véritable action d'envergure menée par la brigade. Une arrestation saluée par l'ONPG et le syndicat des pharmaciens d'officines privées de Guinée, qui s'étaient constitués partie civile et avaient déposé plainte contre les responsables des sociétés importatrices des médicaments incriminés.

Mais quelques jours plus tard, coup de théâtre  : le camion, stationné dans l'enceinte de la gendarmerie mobile numéro 3 de  Matam, une commune de Conakry,  disparaît avec tout son contenu ! La nouvelle de cette disparition fait la Une de l'actualité pendant plusieurs jours et le commandant de la gendarmerie qui avait supervisé l'arrestation du camion est mis aux arrêts puis libéré... Mais le camion, lui, n'est, à ce jour, toujours pas retrouvé ! Un symbole bien malheureux d'une lutte difficile contre le trafic de faux médicaments en Guinée.