Le président Macky Sall explique sa stratégie face au coronavirus (photo d'illustration)
Le président Macky Sall explique sa stratégie face au coronavirus (photo d'illustration)

Coronavirus : le Sénégal renforce ses mesures anti-Covid, malgré les protestations

Depuis l'annonce du retour du couvre-feu, les Sénégalais ont manifesté leur mécontentement. Mais face à l'avancée de la 2ème vague de Covid-19, le gouvernement a décidé ce 7 janvier d'imposer, une fois de plus, de nouvelles mesures de prévention.

Alicia Mihami
Rédigé le , mis à jour le

Après le couvre-feu, le masque ! Face à la deuxième vague du nouveau coronavirus (Covid-19), les autorités sénégalaises ont décidé d'imposer le port du masque dans la rue dans tout le pays pendant trois mois. Le port du masque sera obligatoire sur la voie publique, dans les administrations, les commerces, les transports en commun, et les véhicules transportant au moins deux personnes, stipule un arrêté du ministère de l'Intérieur publié ce 7 janvier. 

Les autorités ont déjà remis en vigueur un couvre-feu nocturne depuis mercredi soir dans les régions de Dakar et Thiès, qui concentrent presque 90% des cas de contamination par le coronavirus. Le ministère de l'Intérieur a aussi interdit ce jeudi tous les rassemblements sur la voie publique, les réunions publiques et privées (y compris les mariages et les baptêmes) jusqu'au 17 janvier dans ces deux régions. Enfin le ministère des transports a restreint la fréquentation des transports en commun.

La population à bout 

Les Sénégalais sont fatigués de ces restrictions. À Dakar, des manifestations de contestation ont eu lieu, dans la nuit du 6 au 7 janvier, pour protester contre le retour du couvre-feu : des groupes de jeunes ont brûlé des pneus, dressé des barricades et des affrontements avec les forces de l'ordre ont eu lieu. Le conseil des ministres a justifié ces mesures par "une augmentation fulgurante des contaminations, des cas sévères, des cas graves et du nombre de décès" mais pour beaucoup, ces mesures sont de véritables sanctions économiques. 

"On est nombreux à travailler la nuit", raconte Jean-Paul, un habitant de l'arrondissement des Parcelles Assainies. "On cherche à gagner notre vie au jour le jour. Et là, on nous empêche de travailler la nuit"Le président sénégalais avait justifié ces mesures en invoquant la recrudescence des cas (le Sénégal a déclaré plus de 20.000 cas de contamination et 438 décès depuis le début de la pandémie) et le "relâchement général" de la population. Le pays, fatigué par la pandémie, compte aujourd'hui sur la vaccination pour espérer se sortir de la crise sanitaire. Les premiers vaccins devraient arriver en mars.