Cancer du sein, un fléau pour les Maliennes

Au Mali, malgré des efforts du gouvernement pour améliorer la prise en charge des cancers, les cas de rémission sont encore rares et de nombreuses femmes meurent d'un cancer du sein.

Badr Kidiss
Rédigé le , mis à jour le
Le service d'hémato-oncologie de l'hôpital du Point G à Bamako
Le service d'hémato-oncologie de l'hôpital du Point G à Bamako  —  MSF/Mohammad Ghannam

C'est l'une des deux premières causes de décès par cancer chez les femmes en Afrique ! Le cancer du sein est un fléau dans les quatre coins du continent. Car si les chances de survie pour ce type de cancer dépassent 85% dans les pays occidentaux, elles n'excèdent pas 15% sur le sol africain. Un faible taux qui s'expliquerait par les dépistages tardifs et/ou les mauvais traitements. 

Premier cancer chez les femmes maliennes, le cancer du sein est pourtant l'un des cancers qui se guérit le mieux, s'il est dépisté à un stade précoce. Alors que près de 2.500 nouveaux cas sont détectés chaque année sur le sol malien, la méconnaissance de la maladie, le manque de sensibilisation de la population ainsi que l’absence de personnel qualifié et d’infrastructures dans des zones isolées sont autant de raisons qui expliquent le diagnostic tardif. Les patientes arrivent avec des cancers de stade 3 ou 4 pour lesquels les chances de guérison sont beaucoup moins élevées.

Une prise en charge compliquée

Même si certains médicaments anticancéreux et les cures de chimiothérapie et de radiothérapie sont gratuites au Mali, nombreuses sont les femmes qui renoncent aux soins vu le prix élevé d'une imagerie, une consultation ou un bilan entre chaque cure de chimiothérapie. Selon l'ONG Médecins sans frontières (MSF) qui intervient sur place en soutien au dépistage, au diagnostic et à la prise en charge des cancers du col de l’utérus et du sein en partenariat avec le ministère de la Santé, un simple scanner peut coûter plus de 100.000 francs CFA (environ 152 euros). Un scandale dans un pays où le salaire moyen n'atteint pas les 80 euros. 

"Bien qu’il existe, au Mali, des soignants formés, des structures relativement équipées et un stock disponible de médicaments dédiés à la chimiothérapie pour la population, nous faisons face à plusieurs problèmes. Le premier est le manque de dépistage systématique qui entraîne des tumeurs diagnostiquées trop tardivement. La majorité des femmes arrivent à un stade très avancé de la maladie", explique Charlotte Ngo, référente oncologie de MSF.

Aux coûts financiers dissuasifs, s’ajoute aussi le manque de spécialistes et de services dédiés : il n’y a par exemple qu’une seule unité de radiothérapie dans tout le pays. Située à l’Hôpital du Mali à Bamako, le service est débordé. Les patientes peuvent même attendre des mois avant leur première séance de radiothérapie. Résultat, pour la plupart des Maliennes atteintes d'un cancer du sein, les options thérapeutiques sont réduites voire inexistantes. Jusqu'à quand ?

Palpation des seins gratuite

A l'occasion de la nouvelle édition d’Octobre rose, la campagne de lutte contre le cancer du sein, les femmes pourront s’informer et se faire dépister sans rien payer. Tout au long de ce mois, l’examen et la palpation mammaire pourront être réalisés gratuitement dans les centres universitaires hospitaliers du Point G et de Gabriel Touré, dans tous les centres de santé de référence de Bamako, dans les centres de santé communautaire de la commune 6 et dans le centre de santé de référence de Kalabankoro. Dans le cas où une anomalie serait éventuellement détectée, les équipes de MSF accompagneront les patientes vers les structures spécialisées, tout en prenant en charge le coût des soins.