Bassin du Congo, Afrique de l'Ouest... pourquoi l'OMS change le nom des variants de la variole du singe

Désormais, les variants de la variole du singe ne feront plus référence à l'Afrique de l’Ouest et au Bassin du Congo mais s'appelleront I et II. L’Organisation mondiale de la Santé entend ainsi ne plus stigmatiser les régions africaines.

La rédaction d'Allo Docteurs Africa avec AFP
La rédaction d'Allo Docteurs Africa avec AFP
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Un technicien de laboratoire en Espagne prélève un réactif pour tester des échantillons suspects de variole du singe
Un technicien de laboratoire en Espagne prélève un réactif pour tester des échantillons suspects de variole du singe  —  Pablo Blazquez Dominguez/Getty Images

Vendredi 12 août, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a annoncé avoir rebaptisé les variants de la variole du singe. Jusqu’à présent, ils étaient nommés selon des régions ou des pays d’Afrique. On distinguait deux souches : celle d’Afrique de l’Ouest et celle du Bassin du Congo.  

Début juin, une trentaine de scientifiques, dont beaucoup sont originaires d'Afrique, ont rédigé une tribune pour demander à changer ces noms. Ils jugeaient urgent de mettre en place "une nomenclature qui ne soit ni discriminatoire ni stigmatisante". 

Prendre en compte la réalité géographique

Cet appel a été entendu par l’OMS. Il a réuni début août des virologues et experts en santé publique pour déterminer les nouveaux noms. "Un consensus a été atteint pour désigner l'ancien clade du Bassin du Congo (Afrique centrale) comme le clade un (I) et l'ancien clade d'Afrique de l'Ouest comme le clade deux (II)", a indiqué l'OMS vendredi. 

De plus, "il a été convenu que le clade II se compose de deux sous-clades. (...) Ainsi, la nouvelle convention de dénomination comprend le clade I, le clade IIa et le clade IIb, ce dernier se référant principalement au groupe de variants qui circulent largement dans l'épidémie mondiale de 2022", a ajouté l'OMS. 

Les nouveaux noms des variants entrent en vigueur immédiatement. Ils doivent permettre de correspondre à la réalité actuelle de la maladie. Si pendant longtemps, la variole du singe circulait dans une dizaine de pays africains, la grande majorité des nouveaux cas ont été détectés cette année ailleurs dans le monde, en particulier aux Etats-Unis, en Europe et au Brésil. 

À lire aussi : Déjà plus de 2.000 cas de variole du singe et 75 décès enregistrés en Afrique

Bientôt un nouveau nom pour la maladie

L’OMS planche également sur le nouveau nom de la variole du singe. Elle a lancé un large processus consultatif en ligne. L’actuel nom de "variole du singe" est jugé trompeur et discriminatoire, puisque le virus n'est pas lié uniquement aux singes mais a été mis en évidence chez de nombreux animaux et en particulier chez les rongeurs. 

Le nom de la maladie vient de sa découverte, dans les années 1950, par des chercheurs danois chez les singes de leur laboratoire.  

Dans le monde, plus de 31.665 cas ont été signalés. Fin juillet, l'OMS a déclenché son plus haut niveau d'alerte pour renforcer la lutte contre la maladie.