A Abidjan, l'urgence de la lutte contre les violences faites aux femmes

Alors que les violences faites aux femmes se multiplient en Côte d'Ivoire, un rapport révèle que de nombreuses Abidjanaises sont confrontées à des niveaux de violences inacceptables.

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A Abidjan, de nombreuses femmes sont exposées aux violences basées sur le genre
A Abidjan, de nombreuses femmes sont exposées aux violences basées sur le genre

De nombreuses Ivoiriennes sont exposées aux violences basées sur le genre. Rien qu'à Abidjan, capitale économique du pays, près de 2.500 cas de violences ont été enregistrés en 2019 et 2020, selon l'étude d'une ONG rendue publique en marge de la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes. Cette initiative intervient à l'heure où le prix Nobel de la paix, le Dr Denis Mukwege, lance un appel à "la fin de l'impunité".

"Les (petites) filles et les jeunes filles sont beaucoup plus exposées aux violences, notamment les mariages forcés", selon cette enquête de l’Organisation des citoyennes pour la promotion et défense des droits des enfants, femmes et minorités (CPDEFM). Elle précise que 1.290 mariages forcés de filles de moins de 18 ans et 1.121 viols ont été recensés en 2019 et 2020 dans la seule capitale économique ivoirienne où il y a également eu 416 féminicides sur la même période. 

Le silence comme norme

Cette enquête ne porte que sur Abidjan, ville d'environ cinq millions d'habitants, et il n'existe pas de chiffres fiables et officiels sur le reste de la Côte d'Ivoire. Selon Malamita Ouattara, membre du Collectif des activistes de Côte d'Ivoire (CACI), "le silence demeure par ailleurs la norme" et les victimes "sont plus promptes à s’exprimer quand elles sont placées en position de témoin", raison pour laquelle son organisation plaide pour "une assistance médicale et judiciaires aux victimes".

Alors que la pandémie de Covid-19 aggrave les violences faites aux femmes, le CACI a salué l'initiative d’un projet de loi sur les mesures de protection des victimes de violences domestiques, de viol et de violences sexuelles, envisagé par le gouvernement ivoirien qui a "pris conscience de l’ampleur du phénomène". 

Fin août, la diffusion sur une chaîne privée de télévision d'une émission au cours de laquelle l'animateur avait invité un ancien violeur pour expliquer comment il s'y prenait afin d'abuser de ses victimes, avait suscité l'indignation en Côte d'Ivoire. Cet animateur avait été condamné peu après par un tribunal d'Abidjan à 12 mois de prison avec sursis pour "apologie de viol" et "atteinte à la pudeur". 

Source : AFP