Au Maroc, 12.413 personnes sont atteintes du VIH et 23% s'ignorent
Au Maroc, 12.413 personnes sont atteintes du VIH et 23% s'ignorent

VIH / Sida au Maroc : forte réduction des aides internationales

Pour la période 2018 -2020, le Maroc n’aura droit qu’à environ 15 millions de dollars de la part du Fonds Mondial, soit un  budget réduit de moitié.

Sarah Jelloul
Rédigé le , mis à jour le

La nouvelle n’enchante ni les associations locales, ni les personnes atteintes du VIH : le budget alloué pour la lutte sera divisé par deux. Les associations sont montées au créneau, les personnes atteintes ne disent mot. Pour la période 2018 -2020 le Maroc n’aura droit qu’à environ 15 millions de dollars, de la part du Fonds Mondial. 

‘’Pour la période 2018-2020, le Maroc s'est vu attribuer environ 15 millions de dollars. Quand on compare à la période précédente, on était à 37 millions de dollars. Cela représente à peu près une réduction de moitié. Avec 13 millions de dollars pour le VIH et environ 2 millions pour la tuberculose‘’, a détaillé Bouteina El Omari, chargée de la gestion des aides internationales dans le ministère de la Santé depuis 2002, à France Culture.

Près de 100 millions de dollars reçus...

Pourtant depuis 2003, date à laquelle le Maroc fut le premier pays maghrébin à signer un partenariat avec le Fonds Mondial de lutte contre le sida, le pays a reçu près de 100 millions de dollars. Cette enveloppe budgétaire aurait tout d’abord servi à créer une conjoncture coordination nationale dédiée à la gestion des financements ainsi qu’à la répartition des budgets. Il s’agit du CCM, Comité de coordination Maroc pour le Sida et la tuberculose.

Cet argent a aussi aidé à la création de mécanismes de prévention, à l’embauche d’une centaine de personnes au sein de l'Association de lutte contre le sida (ALCS), à la construction de plusieurs centres de dépistage… Cette dernière aurait notamment réinvesti les fonds reçus pour prendre en charge les près de 12.500 personnes atteintes par le VIH. Les associations ne cachent pas leur désarroi et se demandent si l’aide étatique sera par conséquent plus grande.