Au Sénégal, les talibés sont les principales victimes du paludisme
Au Sénégal, les talibés sont les principales victimes du paludisme robertonencini / Shutterstock

Les talibés de Kaolack, principales victimes du paludisme au Sénégal

Dans un contexte national marqué par la pandémie de Covid-19, la région médicale de Kaolack reste angoissée par les ‘’90% de cas graves de paludisme’’ enregistrés chez les enfants talibés.

Barou Dembélé
Rédigé le , mis à jour le

Attention aux moustiques. Les "talibés", enfants pensionnaires d'écoles coraniques du Sénégal, font partie des principales victimes du paludisme, une maladie potentiellement mortelle qui se transmet par les piqûres infectées de certains moustiques. 

Alors que le le Dr Doudou Sène, coordonnateur du Programme National de Lutte contre le Paludisme au Sénégal espérait l'an dernier, sur AlloDocteurs Africa, que cette maladie - qu'on appelle aussi malaria - fasse moins de ravages que le coronavirus sur le sol sénégalais, force est d'admettre que le pari est loin d'être gagné. Il y a quelques jours, le médecin-chef de la région de Kaolack, Dr Niène Seck, a révélé que l’écrasante majorité des cas graves de paludisme étaient recensés parmi les talibés. Ces derniers "constituent une couche vulnérable particulière face à cette maladie", précise le Dr SeckAvant d'ajouter que "90% des cas de paludisme grave enregistrés ces deux dernières années dans notre district sont notés chez les enfants talibés"

Hausse des cas

Au niveau national, le coordonnateur du Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP), Doudou Sène, a annoncé, en juin dernier, l'augmentation de plus 25% du nombre de cas de paludisme détectés sur le sol sénégalais. Une hausse dont a pourtant échappé le district sanitaire de Kaolack : Au premier semestre de l'année, 600 cas ont été signalés contre plus de 3.300 en 2020. Mais dans cette région,"tous les cas de décès liés à la maladie du paludisme enregistrés ces deux dernières années sont des talibés, regrette le Dr Seck

Face à cette situation, le Dr Seck explique que son service a entamé des actions de sensibilisation et de prévention au niveau de l’association des maîtres coraniques de la commune de Kaolack. "Il nous faut une approche particulière, un acte de riposte intégré et multisectoriel pour davantage protéger les talibés".