Vaccinations à Lukonga, commune de la ville de Kananga en République démocratique du Congo
Vaccinations à Lukonga, commune de la ville de Kananga en République démocratique du Congo

Madagascar et RDC, principaux foyers de la rougeole en Afrique

Les cas de rougeole en Afrique ont quasiment été multipliés par dix, d'après les derniers chiffres de l'OMS. Madagascar et la République démocratique du Congo sont les pays les pus touchés du continent.

Badr Kidiss
Rédigé le , mis à jour le

L'épidémie est sous-estimée. Considérée comme l'une des maladies les plus contagieuses au monde, la rougeole -qui se propage notamment lorsque les malades toussent ou éternuent- fait des ravages. Plus de 300.000 cas ont été diagnostiqués dans le monde lors du premier semestre de cette année. En Afrique, le nombre de personnes contaminées a même été multiplié par dix, estime l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Et les pays les plus touchés sur le continent sont Madagascar et la République démocratique du Congo (RDC).

Ainsi, entre septembre 2018 et février 2019, la rougeole a fait près de 1000 morts à Madagascar. Durant la même période, le virus a touché plus de 80.000 personnes au pays. En cause, la couverture vaccinale très faible. "Seuls 58% des enfants sont couverts", estiment l'OMS et l'Unicef. Ce qui est très peu quand on sait que pour protéger une population, il faudrait que 95% des habitants du pays soient vaccinés. 

Déjà 2700 décès en RDC cette année

Même constat du côté de la RDC où la rougeole a même provoqué plus de 2700 décès depuis le début d'année, soit plus de victimes en sept mois que la maladie à virus Ebola en un an! Le pays ne parvient pas à endiguer cette épidémie qui a touché plus de 145.000 personnes en 2019. Et à l'image de Madagascar, la faiblesse des programmes de vaccination, la pénurie des vaccins ou encore, le refus de la population à se faire vacciner facilitent la propagation du virus.

Pourtant, un enfant infecté par la rougeole "court le risque de développer d’autres maladies graves, comme la malnutrition sévère ou des infections des voies respiratoires", note Médecins sans Frontières (MSF). Le combat, essentiel, s'annonce donc long et difficile. Plus que jamais.