Informer les jeunes sur leur santé sexuelle, un défi au Bénin

6 Jeunes sur 10 à Bohicon, une ville du Bénin,  restent encore sous informés sur les Infections Sexuellement Transmissibles (IST). C’est le constat fait par le programme de prévention Amour & Vie.

Léonard Kabo
Rédigé le , mis à jour le

"Les infections sexuellement transmissibles? Non, je n’ai aucune idée!". Gildas, jeune soudeur de 19 ans vivant dans le quartier Avogbanan Rail Goudo, un quartier de la ville de Bohicon, résume bien le rapport de la plupart des jeunes ici à la question de la santé sexuelle et des ses petits et gros tracas. Ici, le sujet de la gonorrhée et autre chlamydia reste très largement méconnu...

Cette ignorance n’épargne visiblement pas non plus Inès, Rosine et Donné, tous environ la vingtaine qui estiment qu’il s’agit selon eux d’une très grave maladie "dû à l’infidélité de la femme". Pour Yvette, apprentie couturière, cette "infection sexuellement transmissible" ne peut l’atteindre car "je suis encore célibataire", se défausse-t-elle.

Une ignorance dangereuse

A Bohicon, l'information sur les Infections sexuellement transmissibles manque cruellement alors qu'elles sont fréquentes dans cette localité du département de Zou, au Sud du Bénin. Thierry, âgé de 17 ans et travaillant dans un atelier de mécanique automobile ne se doute nullement de l’existence de ces infections... alors qu'il décrit précisément un épisode qui y ressemble fort. "J'ai une douleur et du mal à uriner mais je me dis que ça va passer", nous confie-t-il même lors de la discussion.

Plusieurs organismes, publics comme privés, œuvrent au quotidien pour sensibiliser la population sur ces infections. "Mais il reste encore beaucoup à faire pour que la population comprenne réellement la fréquence et le danger que représente ce mal aujourd’hui", explique  Jacqueline Agboko, infirmière à la clinique St Joseph de Bohicon avant d’ajouter "qu’il faut vraiment que les autorités nous aide à les sensibiliser parce qu’ils négligent trop leur santé".

Des raisons d'espérer

Depuis 1996, l’Association Béninoise pour le Marketing Social et la communication pour la santé (ABMS), membre du réseau de Population Services International (PSI),  a lancé le le programme Amour & Vie. Il a pour objectif de  promouvoir la santé sexuelle des jeunes béninois de 15 à 24 ans en vu d’améliorer leur qualité de vie.

L'association organise ainsi des séances de sensibilisation sur les Infections Sexuellement Transmissibles et le VIH / Sida tout en dotant la Ville de Bohicon d’un centre jeune qui propose des services de santé de qualité et à moindre coût. Visiblement, cela ne suffit pas pour éradiquer le mal. Peut-être que l’insertion de l’éducation à la santé sexuelle dans les écoles par le gouvernement béninois l'an dernier contribuera aussi à une amélioration. En ouvrant le débat, en retirant à la santé sexuelle son côté un peu tabou, chacun comprendra sans doute qu'elle fait pleinement partie de la santé générale !