Dr Olivier Marie Essimbi Mbia : "Le mal des transports peut toucher tout le monde"

À quoi est dû le mal des transports? Quelles sont les solutions pour lutter contre ce mal chez les enfants ? Réponses avec le docteur camerounais, Olivier Marie Essimbi Mbia.

Arnaud Ntchapda
Rédigé le , mis à jour le
Nombreux sont les enfants qui souffrent de cinétose
Nombreux sont les enfants qui souffrent de cinétose

Voyager ou se déplacer en voiture, train, bateau ou avion peut devenir un cauchemar pour certains usagers. Ces derniers souffrent de ce que l’on appelle le "mal des transports". Egalement connue sous le nom de cinétose, cette pathologie courante se manifeste le plus souvent par des vomissements. 

Il est possible qu’il y ait une prédisposition génétique à ce mal des transports, certains y sont plus sensibles, notamment les personnes migraineuses ou sujets aux vertiges. C’est également surtout très fréquent chez les enfants, notamment entre 2 à 12 ans, mais généralement cela s’améliore en grandissant. Pour en savoir plus, on a rencontré le Dr Olivier Marie Essimbi Mbia, chef du service des urgences du Centre Médical d’arrondissement de Bonamoussadi, à Douala.   

AlloDocteurs Africa : Comment peut-on définir le mal des transports ?   

Dr Olivier Marie Essimbi Mbia : Le mal des transports, connu sous le nom de cinépathie ou cinétose, est un ensemble de troubles ressentis par certains sujets lors d'un voyage en bateau, en train, en voiture ou en avion. Il est très fréquent dans l'enfance et disparaît le plus souvent pendant l'adolescence.   

A.D.A : Pourquoi ce sont les enfants qui en souffrent le plus ?    

Dr O.M.E.M : Le mal des transports touche tous les types de public, quel que soit l’âge sans une préférence particulière, bien que certaines études parlent d’une prédominance chez les 2-12 ans. Le plus important pour les parents, c'est de rassurer leurs petits en leur expliquant ce qu'est le mal des transports. 

A.D.A : Quelles sont les causes du mal des transports ?   

Dr O.M.E.M : Le mal des transports est causé par une stimulation inhabituelle du labyrinthe, qui est l’organe de l’équilibre dans l’oreille interne. Autrement dit, la cinétose est due à une discordance entre ce que nos yeux perçoivent de l’extérieur, le défilement de la route en voiture ou le mouvement des vagues en mer, et ce que perçoit notre oreille interne et notamment notre vestibule qui lui ne bouge pas puisque notre corps reste fixe.

Cette discordance empêche notre oreille interne de transmettre des informations correctes à notre cerveau qui ne peut pas bien s’adapter, et cela va entraîner des symptômes que l’on connait : des nausées principalement, une sensation de malaise avec des sueurs, une pâleur, un mal être, chez les enfants des pleurs, un inconfort.

A.D.A : Comment éviter le mal des transports ?   

Dr O.M.E.M :  Certains conseils de prévention permettent d'éviter que ce mal survienne. En voiture par exemple, il est recommandé de s'asseoir dans une position qui permet de suivre le mouvement de la route. Si votre enfant est trop jeune pour s’asseoir devant, réservez-lui la place du milieu à l’arrière, de façon à ce qu’il puisse fixer l’horizon devant lui. Sur un bateau, il est préférable d’être à l’air libre sur le pont et au centre, si possible. Dans un avion, asseyez votre enfant près du hublot et incitez-le à regarder dehors. Si possible, choisissez les places au-dessus des ailes, où le mouvement est réduit au minimum. Il est aussi déconseillé de lire pendant le voyage, de jouer aux jeux vidéos et de s’asseoir sur un siège tourné vers l'arrière. 

Il est aussi conseillé de bien dormir la veille d'un déplacement. Il ne faut surtout pas être à jeun, car la fatigue et la faim multiplient les symptômes. Il est aussi recommandé de bien s’hydrater et se rafraichir. Enfin, certains estiment que mâcher du chewing-gum est un moyen souvent efficace pour soulager le mal des transports. Cela amoindrirait les conséquences du déséquilibre de l’oreille interne.  

A.D.A : Existe-t-il des traitements pour les faire disparaître ?   

Dr O.M.E.M : Le traitement se base sur des antihistaminiques de synthèse ou la scopolamine par voie percutanée qui, administrés avant le départ en voyage, ont une action préventive assez efficace.