Le vaccin d'AstraZeneca n'est pas la seule solution anti-Covid au Maroc (photo d'illustration)
Le vaccin d'AstraZeneca n'est pas la seule solution anti-Covid au Maroc (photo d'illustration)

Coronavirus : l'utilisation du vaccin AstraZeneca suspendue dans plusieurs pays

Plusieurs pays européens ont décidé de suspendre l'utilisation du vaccin AstraZeneca dans leur campagne de vaccination contre le coronavirus. Ils craignent des complications liées à la formation de caillots sanguins.

Alicia Mihami
Rédigé le , mis à jour le

Mauvaise nouvelle pour AstraZeneca ! Après des soupçons sur son efficacité sur les plus de 65 ans et sur les variants, le vaccin développé par suédois le AstraZeneca en partenariat avec l'université d'Oxford est de nouveau dans la tourmente. Le Danemark, la Norvège et l'Islande ont suspendu jeudi "par précaution" l'utilisation du vaccin AstraZeneca contre le Covid-19, malgré des déclarations rassurantes du régulateur européen et du fabricant. 

L'autorité sanitaire danoise a été la première à suspendre le vaccin d'AstraZeneca "après des rapports de cas graves de formation de caillots sanguins" chez des personnes qui ont été vaccinées avec le vaccin Covid-19 d'AstraZeneca. Le Danemark a enregistré un cas de décès par thrombose d'une personne ayant reçu le vaccin AstraZeneca. Mais "les informations disponibles à ce jour indiquent que le nombre de thromboembolies chez les personnes vaccinées n'est pas supérieur à celui observé sur l'ensemble de la population", a affirmé l'Agence européenne des médicaments (EMA) après les décisions des trois pays nordiques.

Précaution

Ce choix relève de la "précaution" en attendant les conclusions des enquêtes sanitaires mais selon l'EMA, "à l'heure actuelle, on ne peut pas conclure à l'existence d'un lien entre le vaccin et les caillots sanguins". Selon son comptage, seulement 22 cas de thromboses avaient été signalés à la date de mardi, pour plus de trois millions de personnes vaccinées dans sa zone, qui couvre l'Union européenne, la Norvège et l'Islande. Mais malgré l'attitude rassurante de l'EMA et de l'alliance Oxford-AstraZeneca, les doutes se multiplient autour du vaccin. 

Lundi, l'Autriche avait annoncé avoir cessé d'administrer un lot de vaccins AstraZeneca après le décès d'une infirmière de 49 ans, qui a succombé à de "graves troubles de la coagulation" quelques jours après l'avoir reçu. Une enquête préliminaire de l'EMA avait déjà estimé mercredi qu'il n'existait aucun lien entre le vaccin d'AstraZeneca et le décès survenu en Autriche mais l'Estonie, la Lituanie, la Lettonie et le Luxembourg avaient suspendu dans la foulée les vaccinations avec des doses provenant de ce lot, livré dans 17 pays et qui comprenait un million de vaccins. La décision danoise, qui concerne elle l'ensemble de ses AstraZeneca, a été suivie peu après du même choix en Islande et en Norvège, là aussi au nom du "principe de précaution".

Campagne de vaccination bouleversée

Le laboratoire anglo-suédois, qui a développé le vaccin avec l'université d'Oxford, a défendu la sécurité de son produit, tout comme le gouvernement britannique, qui l'a qualifié de "sûr et efficace" et continuera à l'utiliser. "La sécurité du vaccin a été largement étudiée dans les essais cliniques de phase III et les données confirment que le vaccin a été généralement bien toléré", indique un porte-parole d'AstraZeneca. Au Danemark, pays scandinave de 5,8 millions d'habitants, plus de 13% de la population a déjà reçu au moins une dose de vaccin anti-Covid, dont un quart avec celui d'AstraZeneca.

D'autres pays, comme la Suède et les Pays-Bas, ont annoncé qu'ils continueraient à l'injecter. Mais au Danemark, la suspension, qui sera réévaluée d'ici deux semaines, chamboule le calendrier de la campagne d'immunisation, jusqu'ici une des plus rapides en Europe. "Bien sûr nous sommes contrariés par cette nouvelle et ces informations", a réagi la Première ministre danoise Mette Frederiksen, grande avocate de l'accélération des campagnes de vaccination, tout en défendant le choix de l'autorité sanitaire. "Il y a toujours un risque associé aux vaccins. Cela s'est bien passé au Danemark, mais il existe certains risques liés au vaccin d'AstraZeneca, qui doivent être examinés plus en profondeur. Cela me semble une juste manière de procéder", a-t-elle affirmé. Copenhague prévoit désormais d'avoir vacciné sa population adulte à la mi-août, contre début juillet jusqu'à présent.