Au Sénégal, une école ne veut plus que le divorce pénalise les enfants

Au Sénégal, des établissements scolaires constatent une régression du niveau de certains de leurs élèves quand leurs parents divorcent. Ils essaient d’y remédier en organisant des actions de sensibilisation à travers des randonnées pédestres.

Barou Dembélé
Rédigé le , mis à jour le
Dispute d'un couple devant leur enfant
Dispute d'un couple devant leur enfant

Les problèmes de couples ont des répercussions sur les enfants. Ces derniers sont parfois perturbés au point de ne plus arriver à suivre à l'école. Face à ce constat, le complexe scolaire Marie Reine Bénie a initié, fin mai, une randonnée pédestre sur le thème : "Non aux divorces et séparations des parents et attention aux répercussions dans la vie scolaire des enfants".

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Le message était clair pour les randonneurs : utiliser la pratique sportive pour sensibiliser sur la recrudescence et l’impact des divorces sur la vie scolaire des enfants. Malgré un soleil accablant, les marcheurs ont tenu à arpenter les rues du quartier des Maristes. Parmi eux, de nombreux élèves qui tenaient des pancartes : "Nous ne voulons pas de divorce", "Nous dirons à nos parents que nous ne voulons pas de divorce" ou encore,"Malheureusement mes parents se sont séparés".

"Les enfants souffrent en silence"

"Depuis l’avènement du Covid-19, nous nous sommes rendus compte que beaucoup d’élèves présentent des difficultés dans les enseignements-apprentissages. À travers cette randonnée, nous voulons tirer la sonnette d’alarme et interpeller toute la communauté sur la souffrance que les enfants vivent en sourdine et qui met leurs études en péril", alerte Mirelle Kandé Anani, directrice de l’établissement Marie Reine Bénie.

Selon elle, certains enfants "souffrent lorsque leurs parents se séparent. Forcément, il y a des répercussions sur les performances des élèves, à savoir une baisse des notes et un dégoût des études. Certains élèves vont même jusqu’à simuler certaines violences en milieu scolaire parce qu’ils le voient et le vivent’’. Cette activité a donc pour objectif d’extérioriser cette souffrance. "En tant qu’éducatrices, on ne pouvait pas fermer les yeux. C'est une hémorragie sociale qu'il faut arrêter le plus rapidement possible’’, a-t-elle conclu.