Au Maroc, les cafés chichas font de la résistance (Illustration)
Au Maroc, les cafés chichas font de la résistance (Illustration)

Au Maroc, la chicha n'est ni autorisée ni tout à fait interdite

La ville de Casablanca ressemble à un remake d'un film égyptien des années 50, vu le nombre de cafés chichas dans les rues de la capitale économique du Maroc.

Sarah Jelloul
Rédigé le , mis à jour le

Au Maroc, la fin des cafés chichas n'est pas pour demain ! En moins de 3 ans, plus de 200 cafés chichas ont ouvert leurs portes à Tanger, selon nos confrères arabophones d'Al Akhbar.

Malgré une importante campagne contre la consommation du narguilé, qu'on appelle aussi chicha au Royaume, le succès est toujours au rendez-vous. Les forces de police ont beau multiplié les descentes dans les établissements, cela ne change pas grand-chose.

Interdite ou pas cette chicha ?

Le problème, c’est dans la loi. Parfois IN, parfois Out... nul ne sait où donner de la tête. En clair, la chicha n’est pas interdit par la loi. Si la police intervient, c’est souvent suite aux demandes des riverains qui se plaignent des odeurs ou encore, à cause d'affaires de prostitution et de consommation de drogues.

Mais vu la multiplication des cafés chichas dans tout le territoire, certains gouverneurs n'ont pas hésité à interdire la consommation de narguilé.  

Chicha et santé

La comparaison est souvent faite entre le narguilé et la cigarette. Selon une étude de l’Université américaine de Beyrouth, la fumée de la chicha libère environ 4.000 substances chimiques. Alors qu'un gramme de tabac à chicha contient entre 24 à 80 mg de goudrons, une cigarette libère 10 mg de goudrons. Vu les problèmes de santé causés par la consommation de cigarettes, autant dire que la chicha est aussi à éviter.

Dans un dossier spécial consacré au narguilé, le journal Assabah rapporte même que les matières composant la chicha seraient nocives et stockées dans des entrepôts qui ne respecteraient pas les règles d’hygiène. "Les cafetiers ignorent ainsi tout de leur provenance, date de péremption, composition…", selon un procès-verbal de la gendarmerie de Bouskoura rapporté par Assabah. Mais jusqu'à quand ?