A Madagascar, les cyclones ralentissent les campagnes de vaccination

L'année 2022 a apporté son lot de cyclones à Madagascar. Depuis janvier, quatre tempêtes ont déjà touché l'île. Ce qui met à rude épreuve la santé publique.

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Naissance d'un bébé en plein passage du cyclone Emnati à Mahanoro
Naissance d'un bébé en plein passage du cyclone Emnati à Mahanoro  —  Gavi / Rivonala Razafison

Objectif survie. C’est la même chose tous les ans : chaque passage cyclonique est source de difficultés supplémentaires. Cette année, l’immensité des dégâts cycloniques est telle que pour le grand nombre de résidents locaux, ceux des contrées lointaines notamment, l’important est de survivre. 

"Ils n’ont pas d’argent. Ils n’ont pas de quoi manger. En cas de maladie, ils préfèrent rester chez eux. Ils n’ont pas le courage de se rendre aux centres de santé. Le taux de consultations médicales baisse significativement", rapporte Léonie Florence, sage-femme travaillant au centre de santé de base de Vohimasina Sud dans la région Fitovinany. Cette dernière est l’une des plus durement malmenées par le cyclone tropical Emnati qui a touché terre à Madagascar du 22 au 23 février.

Un peu partout à Madagascar, on observe la chute de fréquentation des hôpitaux et centres de santé. Une mauvaise, alors qu'une récente étude révèle que la méfiance envers les gouvernements du continent fragilise la vaccination des enfants contre des maladies telles que la grippe, la polio, la rougeole ou encore le tétanos. "Je suis pour le moment en mission de lutte contre la malnutrition en dehors de ma zone d’administration habituelle. Nous nous occupons des enfants de bas âge. Ceux-ci ne sont pas vaccinés", regrette Léonie. 

Une vaccination qui se complique

Du 4 au 6 février, le cyclone tropical intense Batsirai a traversé le sol malgache, d’est à l’ouest. Son œil a été localisé tout près du territoire de Fitovinany. Du 22 au 24 janvier, la tempête Anna a provoqué de graves inondations dans les régions de l’Est, du centre et de l’Ouest du pays. La tempête Gombé, de passage dans les régions du Nord du 8 au 9 mars, a produit à peu près le même scénario. 

Aujourd'hui, toutes les parties de l’île sont affectées et il est difficile de dresser un bilan exact des dégâts. A ce jour, 15 décès et près de 170.000 sinistrés (environ 44.000 ménages) ont été déclarés dans onze régions, dont Fitovinany. Même les infrastructures sanitaires ont été lourdement touchées, avec une trentaine de bâtiments et une chaine du froid endommagés auprès de neuf districts sanitaires. 

"La vaccination est touchée de plein fouet. Une cinquantaine de frigos hors d’usage représentent un nombre élevé d’enfants privés de vaccins. Certains de ces équipements sont encore réparables. D’autres ont besoin d’être remplacés", estime Ranaivo Soloherilala Andrianaina, chef de division chaine du froid auprès de la direction du programme élargi de la vaccination 

Face à cette situation, les autorités multiplient leurs efforts pour trouver une solution. La dernière en date :  sélectionner des sociétés privées qui peuvent aider le ministère à réparer les frigos en partie détériorés dans les plus brefs délais si des fonds d’appui sont disponibles. En attendant, la "caravane de la santé" rend des services de soins aux populations riveraines des grands axes routiers. 

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Il s’agit d’une formule dont les origines sont attribuées à la première dame Mialy Rajoelina. Elle a fait ses preuves dans le cadre de la célébration de la Journée internationale de la femme du 8 mars. Quant aux zones enclavées, la poursuite de la stratégie avancée amenant les agents communautaires à approcher les gens directement chez eux reste une option d’actualité. 

Source : Gavi