La césarienne est-elle vraiment gratuite au Mali ?

Si la césarienne est officiellement gratuite depuis 2005, de nombreuses Maliennes se plaignent des frais qu’elles doivent prendre en charge après leur accouchement.

Barou Dembélé
Rédigé le , mis à jour le
Un bébé et sa mère
Un bébé et sa mère  —  Shutterstock

La communication autour de la gratuité de la césarienne au Mali laisse à désirer. Alors que le taux de fécondité y est l'un des plus élevés au monde avec plus de six enfants par femme, depuis 2005, les autorités ont décidé de rendre la césarienne gratuite dans les hôpitaux publics. Pourtant, de nombreuses Maliennes expliquent devoir assurer des frais après leur accouchement.

"Une nuit, aux environs de minuit, j’ai accompagné au Centre de santé de référence du quartier Mali, en Commune V, une fille aide-ménagère sur le point d’accoucher. Après nous avoir informés qu’une césarienne s’imposait urgemment pour sauver la mère et le bébé, les médecins nous ont prescrit une ordonnance, à notre grande surprise", confie Mme Koné, logeuse de plusieurs filles aides-ménagères, précisant qu’elles ont été obligées d’acheter les médicaments. "On a tout payé, avant, pendant et après la césarienne", a-t-elle ajouté. 

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Les pathologies pas prises en charge

De son côté, Mme Coulibaly, habitante de la ville de Ségou, a vécu la même situation lors de son accouchement par césarienne à l’hôpital Nianakoro Fomba. "Avant, pendant et après mon opération, j’ai pratiquement tout acheté. J’ai dépensé plus de 35.000 FCFA dans les médicaments et autres examens médicaux, sans espoir d’être remboursée. J’ai même payé des frais de pansement de 500 FCFA, tous les trois jours jusqu’à ma guérison", s’offusque-t-elle.

Les professionnels de la santé notent une confusion sur la gratuité de la césarienne instaurée au Mali. ‘’Dès qu’on pose le diagnostic de la césarienne, tout est gratuit, même après l’opération chirurgicale. Mais, la prise en charge du traitement des pathologies non liées à la césarienne relève de la compétence du malade’’, explique Nientao Djénéba, interne au Centre de santé de référence de Fana, situé à une centaine kilomètres de Bamako. 

Des exceptions en cas de pénurie

"Il peut arriver qu’il y ait pénurie de certains médicaments qui composent le kit de l’opération. Dans ce cas, l’usager ou ses parents sont sollicités pour les acheter dans une pharmacie", a-t-elle précisé. Avec la directrice générale adjointe de l’Office national de santé de la reproduction, la Dre Aminata Cissé, elle a néanmoins rappelé que la mesure de gratuité de la césarienne a permis de réduire la mortalité maternelle et néonatale dans le pays.