Le patron de l'OMS s'excuse (photo d'illustration)
Le patron de l'OMS s'excuse (photo d'illustration)  —  Alexandros Michailidis / Shutterstock

Violences sexuelles en RDC : Le patron de l'OMS s'excuse

Des violences sexuelles ont été commises par des employés de l'OMS qui luttait contre l’épidémie d’Ebola qui a sévi en République démocratique du Congo entre 2018 et 2020.

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L’Organisation mondiale de la santé (OMS) est gravement mise en cause par une commission d’enquête indépendante sur les violences sexuelles commises par certains de ses employés contre des dizaines de personnes en République démocratique du Congo (RDC). Ses conclusions, dévoilées mardi 28 septembre, dénoncent des "défaillances structurelles" et des "négligences individuelles".

Ces abus sexuels ont été commis par des membres du personnel, aussi bien embauchés localement que par des membres internationaux des équipes chargées de lutter contre l'épidémie d'Ebola qui a sévi en RDC entre 2018 et 2020, notent les enquêteurs. Ces derniers ont interrogé des dizaines de femmes s'étant vu proposer du travail en échange de rapports sexuels ou victimes de viol. La commission a identifié 83 auteurs présumés, dont 21 étaient des employés de l’OMS.

Dans les propos liminaires, la commission d'enquête indépendante - lancée en octobre 2020 par le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé Tedros Adhanom Ghebreyesus - dresse un tableau très sombre de la situation sur place. Elle constate "l’ampleur des incidents d’exploitation et d’abus sexuels lors de la riposte à la 10ème flambée d’Ebola, toute chose ayant contribué à accroître la vulnérabilité des "ictimes présumées, lesquelles n’ont pas bénéficié de l’aide et de l’assistance nécessaires qu’exigeaient de telles expériences dégradantes".

"Je suis désolé"

"La première chose que je tiens à dire aux victimes et aux survivants c'est que je suis désolé. Je suis désolé, désolé de ce qui vous a été imposé par des personnes qui étaient employées par l'OMS pour vous servir et vous protéger", a déclaré le Dr Tedros. S'il promet des "conséquences sévères" aux responsables de ces violences sexuelles, celui qui est soutenu par de nombreux pays européens mais aussi le Kenya pour briguer un nouveau mandat à la tête de l'agence onusienne reconnait un "jour sombre pour l'OMS".  Quand une journaliste lui a demandé s’il avait l’intention de démissionner, il a esquivé. "Je suis allé sur place quatorze fois et ce problème n’a pas été soulevé. Peut-être que j’aurais dû poser des questions", a-t-il toutefois reconnu.

L'organisation a mis fin, dès la publication du rapport, au contrat de quatre d'entre eux qu'elle employait encore et les autres avaient des contrats de courte durée, a expliqué le docteur Tedros. Ils se verront bannir de tout emploi futur. En outre, l'OMS transmettra les allégations de viol aux autorités nationales en RDC pour qu'elles enquêtent, ainsi que dans les pays d'origine des auteurs présumés. Deux hauts responsables ont été placés en congés administratifs "et nous prenons des mesures pour nous assurer que d'autres personnes susceptibles d'être impliquées soient temporairement déchargées de tout rôle décisionnel" dans cette affaire, a-t-il détaillé. 

L’affaire n’a éclaté que grâce au travail d’enquête de l’agence de presse spécialisée à but non lucratif The New Humanitarian et de la Reuters Foundation. De fait, la commission relève que face à des dizaines de victimes qui se sont présentées, il y a "une absence totale de signalement de cas" au niveau institutionnel. 

Source : AFP